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Les filles plus intelligentes que les garçons ?

Les filles plus intelligentes que les garçons ?

Les filles et les garçons sont différents, ce n’est pas nouveau.
Ils n‘ont pas la même manière d’analyser les choses, de comprendre leur environnement, de faire face à une problématique ou bien d’appréhender un sujet.

Comme chez Impala on ne croit que ce que l’on voit, on a pu constater que les filles avaient tendance à mieux s’orienter que les garçons.

Soyons honnêtes, le terme d’intelligence à proprement dit n’est donc peut-être pas le plus adapté ici, je l’avoue. Il n’y a d’ailleurs pas UNE intelligence mais DES intelligences : linguistique, logico-mathématique, interpersonnelle, spatiale, … . Howard Gardner (psychologue et professeur à Harvard) en dénombre pas moins de sept.

Je reformulerai donc ma question : pourquoi les filles s’orientent-elles mieux que les garçons ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes

75%. C’est la proportion de filles parmi la totalité des utilisateurs de notre outil. Le résultat est sans appel : lorsqu’il s’agit d’être proactif dans leur démarche d’orientation, les filles l’emportent haut la main.

C’est ce constat qui nous a menés à nous questionner à ce sujet : quels peuvent donc être les facteurs qui expliquent ce chiffre ?

La proactivité : facteur clef de l’orientation

Chez Impala, nous avons pu observer que les filles avaient une démarche nettement plus proactive dans leur orientation. Plus concernées et plus angoissées que les garçons à ce sujet, elles abordent ce sujet avec profondeur, et s’y prennent beaucoup plus à l’avance.

Cette attitude peut être expliquée en partie par le fait que les filles subissent la pression sociale liée au fait d’être une femme dans une société patriarcale.  Elles redoublent donc d’efforts afin de réussir et de se faire une place dans le monde professionnel.

girl fight

En effet, les filles ont bien plus souvent un projet professionnel tracé, et ce peu importe la filière qu’elles choisissent (70 % vs 55 % des garçons) (Source)

Réflexion VS action

Sans faire de généralités, les garçons ont une propension plus grande à foncer tête baissée, à avancer à l’aveugle. Ils font des choix rapidement sans (forcément) réfléchir aux conséquences, et veulent des résultats immédiats. Ils sont plus instinctifs, ont moins le souci du détail. L’orientation est un sujet qui les préoccupe moins que les filles. Leurs choix se font plus par défaut, et moins après un long processus de réflexion.

garcon précipité

Les filles, quant à elles, ont plus tendance à réfléchir longuement avant de prendre une décision, à peser le pour et le contre, à questionner leur entourage pour être sures d’avoir pris en compte tous les aspects possibles d’une problématique. Elles adoptent une position plus réfléchie et consciencieuse. Elles approfondissent plus leurs recherches, vont dans le détail, ne laissent rien au hasard.

Christine Ducamp-Mayolle (coach en accompagnement scolaire et professionnel) vient appuyer ces arguments :

« Les filles anticipent mieux les choix et impliquent mieux leur famille qui va les accompagner de manière plus fluide. Les garçons laissent souvent filer et ne se rendent compte que trop tard qu’ils ont laissé passer leur chance d’intégrer un jour la filière de leurs rêves » (Source)

Des priorités différentes

Les priorités sont également différentes entre eux : les garçons sont plus à la recherche de reconnaissance, de « gloire » et d’un statut social élevé. Les filles, quant à elle, mettent l’accent sur l’épanouissement personnel grâce à leur travail.

Les filles sont plus centrées sur l’empathie, l’écoute, la réflexion. Les garçons, qui ont tendance à avoir plus confiance en eux, cherchent principalement l’efficacité avant tout.

Lorsque nous faisons tester Impala sur des salons, ce sont majoritairement des garçons qui placent le salaire comme un facteur déterminant dans leur choix.

La priorité pour tous : l’intérêt pour leurs études. Cependant, les garçons sont plus tournés vers la « rentabilité de leur filière sur le marché du travail », face aux filles qui privilégient leur projet professionnel.

Finalement, fille ou garçon, l’orientation reste un sujet important qu’il faut aborder sous le bon angle. C’est pour cela qu’Impala s’est fixé pour objectif d’aider l’ensemble des jeunes à trouver leur voie scolaire et professionnelle. 

Tu es un garçon ? Renverse la tendance en allant sur impala.in !
Tu es une fille ? Super, continue sur ta lancée, va sur impala.in !

Lisa, pour l’équipe Impala.

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Et si la France aussi pouvait élire Trump ?

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Cette nuit, les Etats-Unis ont fait de Donald Trump leur nouveau président. Les Américains ont choisi un homme raciste, misogyne, homophobe pour gouverner leur pays. Un homme qui préfère construire un mur pour arrêter des migrants qui voleraient le travail des Américains plutôt que de financer les réformes dont son pays a grandement besoin.

En cette gueule de bois post-élection américaine, l’heure est donc aux leçons. Il est hors de question de faire les mêmes erreurs que les Anglais puis les Américains en se refermant sur nous-même dans un monde où l’entraide et la coopération devraient être à l’honneur.

En regardant les débats et les opérations télévisées américaines puis françaises des candidats aux élections présidentielles (et du Brexit), on observe de nombreuses similitudes. Notamment sur les sujets débattus et controversés : la sécurité, l’immigration, le repli identitaire, le chômage, et c’est à peu près tout. Le reste passe plus ou moins à la trappe, ou est considéré comme secondaire.

Et pourtant, tous ces sujets ont une même origine, un élément en commun qui les relie. Ils sont très “superficiels” ou court-termistes. Je vois directement vos têtes grimacer à la lecture de ces mots. Ce que j’entend par superficiel, c’est que ces éléments sont les symptômes du problème et non pas sa source. L’insécurité, l’immigration mal-contrôlée, le repli identitaire et le chômage viennent tous d’un problème d’éducation.

 

L’éducation au centre des problématiques sociétales

Et pourtant, le thème de l’éducation est loin d’être mis en avant sur la scène politique. Par exemple, Trump promet dans son programme d’investir 20 milliards de dollars supplémentaires pour l’éducation et voudrait permettre aux élèves les plus défavorisés de poursuivre leurs études en poussant les universités à réduire leurs coûts d’inscription.

Mais plutôt que plus d’argent pour nourrir le système, il faudrait le remettre en question et modifier les critères du classement des universités privées qui leur donnent une dynamique financière malsaine pour les étudiants (Ils empruntent parfois plusieurs centaines de milliers de dollars pour financer leurs études qu’ils remboursent à des taux exorbitants sur 30 ans).

Et surtout, ce n’est pas le sujet dont on entend le plus parler lors de ses meetings durant lesquels il préfère insulter les immigrants et rabaisser les femmes.

Trump n’est pas le seul à reléguer les problématiques de l’éducation au second plan dans le monde politique car ce n’est pas ce problème qui galvanise le plus les foules et qui permet de faire couler de l’encre. Ce qui rend visible c’est d’insulter son adversaire, l’accuser de délits en tout genre et s’enfoncer dans une bataille médiatique sans intérêt au lieu de chercher des solutions efficaces aux nombreux problèmes.

La France n’est pas en reste : lors du dernier débat entre les candidats à la primaire de droite, il a fallu attendre près de deux heures pour que le sujet de l’éducation soit abordé de manière très hâtive et bâclée car les candidats n’avaient plus de temps de parole. Ce sont ces mêmes candidats qui disaient que l’éducation était le sujet déterminant pour combattre les inégalités et le chômage. Certes, ce n’est pas entièrement la faute des hommes politiques, les journalistes sont aussi responsables du manque de présence de ce sujet dans les médias. Cependant, cette absence dans les médias traduit une absence dans les débats : lorsqu’on écoute les discours de certains, on ne peut être que choqué par l’absurdité des thématiques abordées face à ce qui devrait être prioritaire.

Par exemple, est-ce que le problème du porc à la cantine est si important que ça face au décrochage scolaire, au retard de la France par rapport aux autres pays dans le domaine de l’éducation pour en parler durant un meeting de campagne et ne pas aborder les autres sujets ?

 

Une refonte de l’éducation nécessaire et urgente

Ce qu’on remarque en observant les débats actuels c’est un discours centré autour de problématiques identitaires et sécuritaires. Ce sont en effet elles qui marquent les esprits, qui sont symboliques et qui vont fédérer. Or, un travail de fond sur l’éducation et une réforme globale pourrait être à la base de réelles améliorations sur le plan de la cohésion sociale, du chômage et de la situation sociale de nombreuses personnes.

Mais cela nécessite une réelle refonte de ce qui est existant et pas seulement un rafistolage par ci, par là qui sera vite décousu lors du mandat d’après. L’éducation doit être une priorité et elle ne doit pas voguer au gré des gouvernements successifs : il est nécessaire d’avoir une ligne directrice claire et un projet sur le long terme. Alors oui, c’est un travail de longue haleine et un mandat ne serait sans doute pas suffisant pour tout mettre en place. Mais il devient urgent de mettre en place des réformes efficaces qui permettront une amélioration des infrastructures actuelles.

Si l’éducation s’adaptait davantage à chacun, si on favorisait la curiosité intellectuelle, manuelle et artistique, il n’y aurait pas autant de délinquance. C’est une banalité certes, mais dans ce cas, pourquoi n’est ce pas la priorité ? Guérir les maux, c’est important certes mais ne vaut il pas mieux tuer le mal à la source ? Surtout qu’on connaît les moyens pour y parvenir. Repenser le système éducatif, favoriser les ponts entre milieux sociaux, repenser le fonctionnement de l’éducation nationale, donner plus d’espace au développement personnel, à l’orientation, aux activités manuelles et artistiques, etc.

De nombreux penseurs, professeurs et entrepreneurs, ont développé des modèles alternatifs qui fonctionnent et qui coûtent parfois moins chers – Salman Khan dans L’éducation Réinventée en propose un modèle validé par exemple.

Plutôt que de taper sur les immigrés, ne faudrait-il pas investir dans l’éducation ? Je ne parle même pas d’argent – on n’en a plus – je parle de temps, de sensibilisation et de motivation. On se confronte au Mammouth de l’Education Nationale certes, mais un mammouth est un animal et les animaux évoluent.

Aujourd’hui, on se rassemble autour de la haine et de la destruction, chômage, insécurité, camp de migrants, c’est ce qui fait la une de tous les journaux et ce qui est dans la bouche de nos représentants. Mais ce n’est pas une obligation. Nous pouvons parler de création de valeur dans l’intérêt général plutôt que de parler de conservation et appropriation de celle des autres. Et nous pouvons faire en sorte de changer la situation actuelle en donnant du pouvoir non pas aux personnes qui préfèrent détruire mais aux personnes qui veulent construire de nouvelles choses pour notre société. Nous espérons que ce qui s’est passé cette nuit et au Royaume-Unis poussera les électeurs français à réfléchir à la portée de leur vote et qu’ils ne répèteront pas les erreurs commises ailleurs.

 

Si vous avez apprécié ces bouts d’Impala, je vous invite à lire nos autres articles qui traitent également de l’orientation :

Les 5 conseils nécessaires pour réussir ton orientation !

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Tu es en terminale et en classe, on ne te parle pas vraiment d’APB et de l’orientation car les professeurs sont plus concentrés sur leur programme et sur la préparation du bac… Du coup, tu commences à avoir un peu peur et tu ne sais pas réellement vers quoi t’orienter et que faire pour trouver la filière qui te correspond. Ne t’en fais pas, Impala va te donner quelques conseils pour te permettre d’appréhender au mieux ton orientation !

 

Conseil n°1 : Apprends à te connaitre avec les bonnes questions

Il est difficile de dire en terminale quel métier on veut faire précisément et c’est pour cela qu’il vaut mieux se demander d’abord dans quels secteurs on aimerait évoluer. Y’a-t-il un sujet qui te passionne ? Un secteur particulier qui t’intéresse ? Au contraire, y a-t-il des domaines dans lesquels tu ne pourrais absolument pas travailler ? En plus de ces questions assez classiques, tu peux t’interroger sur tes rêves aussi : qu’est-ce que je rêve de réaliser ? Qu’est-ce que je ferais avec 100 millions d’euros ? Il est essentiel que tu te poses ces questions afin de te faire une idée plus précise des formations qui pourraient t’intéresser.

Cette réflexion, tu peux la mener seul(e) ou en te posant des questions avec tes amis et tes proches. Tu peux aussi aller voir le conseiller ou le ou la conseiller(ère) d’orientation de ton lycée ou alors effectuer des tests de personnalité : de nombreux sites proposent des questionnaires te permettant de préciser ton champ de recherche !

Après avoir précisé les domaines dans lesquels tu aimerais travailler, tu seras capable de faire des recherches plus approfondies sur les différents métiers des secteurs qui te plaisent puis sur les formations te permettant d’y arriver !

D’ailleurs, Impala peut t’aider dans cette recherche : grâce à une recherche par mots-clés (passions, matières qui t’intéressent,…), tu peux découvrir les métiers qui te correspondent sur cette cartographie !

 

Conseil n°2 : ne te mets pas de limites !

Quand tu es dans la phase d’exploration des secteurs, des métiers et des formations, ne te restreins pas dans ta réflexion ! Ne réfléchis pas à ce que tu pourrais faire en fonction de ta filière, de ce que veulent tes parents ou de ce que pensent tes amis, des contraintes géographiques ou financières : pense à ce que tu as réellement envie de faire !

Autre chose : il est certes important d’être réaliste dans tes projets mais il est encore plus important de vouloir viser haut et de se dépasser ! Tu pourrais être surpris de voir à quel point tu peux te montrer motivé lorsque tu te fixes un objectif élevé. Alors n’hésite pas à mettre la barre haute en ce qui concerne tes études et ton projet professionnel, tout est possible avec de la motivation ! Comme le dit Oscar Wilde, il faut viser la lune parce qu’au moins si tu échoues, tu finiras dans les étoiles !

 

Conseil n°3 : demande-toi comment tu veux étudier

De nombreuses possibilités s’offrent à toi en ce qui concerne le mode d’études : tu veux faire des études longues ou courtes ? Tu préfères une formation encadrée en école ou plus libre à la fac ? Tu veux faire de l’alternance où tu pourras alterner entre suivre des cours et travailler dans une entreprise ? Tu aimerais intégrer un cursus généraliste ou plus spécialisé ? Il est important que tu te poses ces questions afin de savoir quelle formation pourrait te correspondre.

Tu n’as pas trop d’idées, tu ne sais pas à quoi correspond chaque formation ? C’est normal ! C’est pour cela que tu peux poser tes questions lors des journées portes ouvertes dans les établissements qui t’intéressent ! N’hésite pas à faire un tour sur Internet, c’est une véritable mine d’or : des sites comme Bloomr ou Studyadvisor peuvent t’aider dans ta réflexion notamment en te mettant en relation avec des professionnels qui te parleront de leur expérience ! Et bien sûr, sur Impala, tu pourras retrouver toutes les informations sur chaque formation et nous sommes là pour répondre à tes questions !

 

Conseil n°4 : écoute les conseils de tes proches mais n’oublie pas que le choix t’appartient !

Il ne faut pas que tu hésites à demander des conseils à ton entourage pendant cette période de réflexion sur ton orientation. Que ce soit tes parents, tes amis, tes profs ou les conseillers d’orientation ! Tu peux aussi poser toutes les questions qui te viennent en tête lors des salons et des portes ouvertes (même si tu dois prendre les réponses des établissements et des élèves avec plus de pincettes car ils cherchent aussi à te donner envie de rejoindre leur établissement). Impala peut aussi répondre aux questions que tu te poses : tu peux nous envoyer un petit message à n’importe quel moment sur le chat de notre site internet!

Cependant, il ne faut pas te laisser influencer de manière trop importante par leurs différents propos : c’est à toi de réfléchir et mûrir tout ce qui t’a été dit car n’oublie que c’est ton orientation et donc ton choix !

 

Conseil n°5 : le temps est venu de te fixer des objectifs pour les prochaines années

Après avoir réfléchi à ce que tu aimerais faire et la voie par laquelle tu aimerais passer, il est temps de mettre en place le parcours que tu vas suivre : que vas-tu faire l’année prochaine, qu’aimerais-tu faire après ?  Bien sûr, ce parcours n’est pas forcément figé et tu peux tout à fait te réorienter en cours de route car la formation choisie n’est pas forcément adaptée à tes besoins ou parce que tu t’es rendu compte qu’un autre secteur te correspondait plus. Cependant, commencer à dessiner un parcours avec des objectifs concrets va bien plus te motiver que si tu gardes une idée assez vague de ton avenir !

 

Chez Impala, nous sommes tout à fait conscients du casse-tête que peut représenter l’orientation et des difficultés que tu peux rencontrer lors de tes choix. C’est pour cela que nous avons créé pour toi une plateforme interactive où tu pourras trouver de nombreuses informations pour choisir ta formation et poser tes questions à nos spécialistes ! Alors n’attends plus, et viens faire un tour sur impala.in afin de trouver les formations qui te correspondent !

 

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Le piège de l’élite – Comment la réussite mène à l’échec ?

En sortant d’une grande école de commerce, j’ai remarqué qu’un grand nombre de mes camarades de promo répondait de la même façon à une question. Et y répondaient mal.

La question est pourtant très simple : « Est-ce que ton stage, ton nouveau CDI te plait ? ». La réponse pourrait être binaire : Oui / Non. J’aime / j’aime pas. Mais non, la plupart du temps, la réponse est la même. « C’est intéressant, c’est très formateur »

Du coup, souvent pour avoir une vraie réponse je renchéris « mais ça te PLAIT ? » en appuyant bien sur le mot plait.

 

Et là, en général, le discours est classique : « Nan, mais c’est formateur et puis si je bosse bien, c’est un tremplin et ça me permettra de gagner un peu d’argent, tu comprends, c’est confortable. J’ai un emprunt à rembourser / je dois me trouver un appartement à Paris, ça coûte cher. J’apprends beaucoup, 4-5 ans, c’est pas grand-chose et je pourrais ensuite faire quelque chose qui me plaira, j’aurais de bonnes expériences et mon CV sera solide. J’ai pas vraiment de compétences, là je sais rien faire. Et puis le chômage, si je veux cotiser à la retraite… »

 

Si je traduis : « je vais me flageller 3-5 ans de plus pour pouvoir choisir plus tard et me faire plaisir ».

Le cadre liberticide

Ce discours est assez similaire à un autre discours que j’ai entendu 10 ans plus tôt alors que j’étais au collège :

  • « Hector, tu dois avoir de bonnes notes pour faire S, après tu pourras tout faire, tu seras tranquille »
  • « Hector, tu dois avoir de bonnes notes en S pour faire prépa (ou Sciences Po, médecine, etc.), après tu pourras tout faire, tu seras tranquille »
  • « Hector, tu dois faire prépa pour entrer dans une grande école, après tu pourras tout faire, tu seras tranquille »
  • « Hector, tu dois faire du conseil / finance / métier-qui-gagne-plein-d-argent-où-tu-travailles-20h-par-jour, après tu pourras tout faire, tu seras tranquille »

 

Attention, ce discours n’est pas valable pour tout le monde, il y a certaines personnes à qui ce modèle convient très bien et qui sont heureux dedans. Auquel cas, on ne parle pas de devoir mais de volonté de franchir ces étapes. Mais pour les autres que doit-on en conclure ?

On nous ment ? On se ment à nous-même ? C’est un piège ?

Je pense qu’on est suffisamment grand à 25 ans pour pouvoir prendre ce recul et faire ce constat. Mais alors comment se fait-il que nous ne le prenions pas ?

 

J’ai une théorie à ce sujet – elle vaut ce qu’elle vaut – mais pour le moment, je n’ai pas vraiment trouvé d’argument contre.

 

Quand on est dans ce cas-là – bac général => prépa ou similaire => travail acharné qui ne nous plait pas – pendant plus de 10 ans, on ne prend aucune décision réellement impactante, on ne remet pas en question notre parcours et celui de nos camarades que nous considérons comme logique. Et ce qui est logique est scientifique. Qui aurait l’audace de réfuter la science ? A part un idiot ou un hippie ? Du coup, on se retrouve à 25 ans, complètement incapable de prendre une décision.

 

C’est à ce moment là qu’on est perdu!

 

Ce n’est pas nécessairement de notre faute. On ne sait juste pas comment s’y prendre… Par où faut-il commencer ? Faut-il que je regarde les offres d’emploi en espérant trouver la perle rare ? Faut-il que je prenne un nouveau cours de marketing pour découvrir cette discipline ? Faut-il que je fasse un échange au Pérou pour partir à la rencontre de cette culture rigolote ? Ou faut-il que je réfléchisse véritablement à qui je suis et ce qui me plait ? Et si je décidais de me mettre à réfléchir, par où dois-je commencer ? Et si, je ne trouvais pas de réponse, serais-je encore plus malheureux ??? Et pire, qu’arriverait-il si je trouvais une réponse mais qu’elle ne me convenait pas socialement ou encore qu’il m’était impossible de trouver un emploi ?

 

J’ai tendance à croire que nous exagérons nos malheurs.

 

Nous considérons souvent que faire un mauvais choix est pire que de ne pas faire de choix. Et que par conséquent, mieux vaut remettre ce choix à plus tard : quand nous serons plus matures … Mais cette maturité n’arrive souvent pas naturellement.

L’une des conséquences de ce statu quo, on la connait tous : plus de 20% des employés sont au bord du Burn-out (cf. Le Figaro 2015) ou du Brown-out (quand on perd le sens de ce qu’on fait) et les conséquences physiques et mentales sont terribles …

Avec Impala, j’ai décidé de m’engager pour casser ces biais et aider les jeunes à prendre des décisions. Je vous invite donc à réfléchir à ces quelques mots et – si ce n’est pas encore le cas – à prendre en main votre avenir !

Impala, trouve le métier de tes rêves et la voie dans laquelle tu t’épanouiras !

Et si l’orientation était une question d’argent ?

Et si l’orientation était une question d’argent ?

« Et vous, avec 100 Millions d’Euros, que feriez-vous ? »

C’est la question que j’ai posée tout à l’heure à une trentaine de lycéens un peu perdus qui sont venus dans nos bureaux pour nous rencontrer. Dans le cadre d’une initiative de la ville et du rectorat de Paris pour faire découvrir le monde de l’entrepreneuriat et de l’innovation aux jeunes, on a organisé quelques workshops avec des lycéens pour leur expliquer notre parcours et pour les aider à s’orienter.

Qu’ils soient en troisième ou en terminale, globalement, ils se posent tous les mêmes questions : qu’est-ce que je vais faire l’année prochaine, dans deux ans, dans 5 ans. Et très peu ont une réponse pertinente et cohérente.

Casser les barrières…

Alors on a eu une idée, on s’est dit : « Et si on cassait les barrières classiques qui les empêchent de s’ouvrir et de dire ce qui les intéresse vraiment ? Et si on les projetait dans un monde sans limite financière, académique, professorale, parentale et sociale ? Et si on les projetait dans un monde ou l’imagination est reine ? »

Dans cette optique, on leur a fait passer plein de messages divers du type : « considère que tu peux faire ce que tu veux, qu’est-ce que tu ferais ? si tu te projettes dans 10 ans, c’est quoi ton idéal ? etc. » Mais honnêtement, ça n’a pas trop marché, ils n’étaient pas moins perdus qu’avant. Et chaque question faisait un blanc (et un blanc dans une classe d’enfants, ce n’est jamais un bon signe 🙂 )

… avec 100 Millions

Alors on a tenté un truc, on leur a demandé : « Avec 100 Millions d’Euros, que feriez-vous ? ». Et là, brouhaha général ! Ils ont commencé à s’exciter et à tous répondre en même temps. Et c’était loin d’être stupide !

Il y en avait un, un grand assez silencieux, qui n’avait pas ouvert la bouche de la conférence et qui m’a répondu : « Direct, je gère un club de foot ». Et pourtant, 5 minutes plus tôt, quand je lui avais demandé ce qui l’intéressait, il m’avait répondu : « je n’ai aucune idée ». Sans s’en rendre compte, il m’a donné des éléments super importants sur ce qu’il voulait faire. Il m’a dit que le monde du sport l’intéressait, il m’a dit qu’il avait envie d’aider et de porter une équipe et surtout, il m’a dit qu’il avait un rêve et qu’il n’osait pas l’avouer.

Et alors ?

Posez-vous la question ! Si vous arrivez à y répondre, et que votre réponse est évidente, alors ne lisez pas le paragraphe suivant.

Si vous n’arrivez pas y répondre ou que cette réponse n’est pas évidente, c’est qu’il reste un peu de chemin à parcourir. « Et si j’avais 100 Millions d’€ qu’est-ce que je ferais ? » Réfléchissez bien à tout, financer vos proches, investir dans des projets humanitaires, devenir artiste, réaliser un grand voyage documentaire, devenir architecte, créer une entreprise, sauver un village de la misère, etc.

Et ensuite, posez-vous la question suivante :

« Avez-vous vraiment besoin de cet argent pour réaliser ce rêve ? »

 

Trouve d’autres méthodes d’orientation dans notre dossier spécial

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Merci à Data For Good x Bayes Impact et à Alizée pour cet article !

Quand je serai grand, je veux être astronaute …

Youhou c’est la rentrée ! (Avoue tu en avais marre de bronzer sur la plage en te perfusant au Coca light)

Si pour certains le mois de septembre est synonyme de nouveaux projets et horizons, il représente pour d’autres, surtout les jeunes, une grande période d’interrogation sur leur futur : qu’est-ce que je veux faire plus tard ? Est-ce que ce qui m’intéresse aujourd’hui m’intéressera toujours dans 20 ans ? Même si j’aime bien ça, est ce que je peux en faire mon métier ?

Sur 2,5 M de lycéens en France, 60% abandonnent leur cursus en cours de route.

Il faut dire que c’est d’autant plus difficile qu’il y a bien plus de métiers aujourd’hui qu’il y a 20 ans (community managers, data scientists, profs de zumba, ce clin d’oeil est pour vous.)

Et même si on a une idée un peu précise, la meilleure manière d’être sûr reste de rencontrer des professionnels du secteur, encore faut-il en avoir dans son réseau (moi par exemple je ne connais aucun astronaute).

Si tu t’es reconnu dans ces premiers paragraphes, alors tu vas être très content de découvrir Impala, une jeune entreprise sociale qui veut aider les jeunes à s’orienter dans leur parcours scolaire et professionnel, lancée lors de la saison 1 de Data for Good.

Après avoir passé des semaines à rencontrer des jeunes, des chercheurs en psychologie, sociologie, et même la ministre de l’éducation …

Sauras tu trouver la ministre cachée sur cette photo ?

… ils ont finalement réussi à comprendre le raisonnement classique de l’orientation, et les problèmes que les jeunes pouvaient rencontrer.

D’après Hector, le cofondateur d’Impala, le processus d’orientation est structuré en général en 3 étapes fondamentales.

Et les problèmes qui peuvent se présenter à chaque étape :

  • La maturité et la confiance en soi
  • Les biais et on-dit de nos proches
  • L’infobésité (toujours elle)

 

Alors qu’est ce qu’ Impala fait pour toi concrètement ?

Impala c’est une cartographie interactive des métiers et des formations qui permet à tous les jeunes, en fonction de leurs intérêts, de visualiser leurs opportunités en termes de formations et de métiers et d’explorer les différentes voies qui s’offrent à eux.

Si une formation t’intéresse : que faire plus tard; si un métier t’intéresse : comment y arriver. Une fois que leur parcours te semble pertinent, on te met en relation avec des professionnels qui ont eu le même parcours et qui sont prêts à te donner un retour d’expérience. Leur objectif : aider 500 000 jeunes à trouver leur voie pour la fin de l’année 2017, et se déployer partout en France via des partenariats stratégiques

Mais ça ce n’est que la 1ère étape, puisque l’objectif à long-terme est de développer un algorithme d’intelligence artificielle pour aider les jeunes à s’orienter en détectant les grandes tendances.

La preuve que la demande est réelle : pour tester leur concept, ils se lancent fin mars sur un weekend et se font passer pour une IA qui répond à toutes les questions sur l’orientation. Avec seulement 2 posts Facebook ils ont accueilli plus de 1 500 jeunes sur le site … et n’ont pas dormi du weekend.

Actuellement en beta privée, ils testent différentes fonctionnalités. Ils lancent la beta publique dans quelques semaines et comptent faire une levée de fonds pour la fin de l’année 2016 — début 2017

Pour en savoir plus sur Impala, vous pouvez les suivre sur Facebook et Twitter(ils sont drôles et ils mettent plein de gifs en plus)

Vous aussi vous avez envie d’aider la monde à aller mieux grâce à la technologie ? Vous êtes data scientist, développeur, designer ou project manager ? Rejoignez la communauté de bénévoles Data for Good pour vous impliquer sur des projets innovants à impact social en remplissant ce formulaire. Réunis en équipe, ils s’attaquent à des domaines aussi variés que l’éducation, la santé, l’environnement, la cause animale … et profitent d’un programme d’accompagnement dans leur développement via des workshops et du mentoring. Vous souhaitez assister au prochain évènement de présentation des projets ? Rejoignez notre groupe Meetup et suivez-nous sur Facebook ou Twitter.

Quel métier faire ?

Quel métier faire ?

Quel métier faire ? Quel métier choisir ? C’est la question classique que nous nous posons tous depuis qu’on est assez grand pour comprendre que les adultes doivent gagner de l’argent pour survivre.

Rien de problématique à ne pas avoir de réponse, j’ai rencontré beaucoup de terminales ou de premières qui m’ont répondu « je veux devenir cadre, faire du RH pour aider les gens ou faire notaire parce que c’est bien » haha, beaucoup de bêtises mais rien de méchant, c’est normal.

Tous les lycéens se posent les mêmes questions et tous y répondent un jour ou l’autre, on est tous pareil. Je vais vous aider ici à répondre avec une méthode qui a fait ses preuves, très courte mais terriblement efficace.

 

1ère question à se poser : faut-il choisir un métier ou un secteur ?

Pour la plupart d’entre vous, il sera possible de changer de métiers 10 voire 20 fois dans votre vie, que vous soyez médecin, que vous fassiez une école de commerce ou que vous vous dirigiez vers la restauration, vous seriez étonnés de savoir le nombre d’opportunités qui s’offrent à vous chaque jour. Je vais vous donner un petit exemple : j’ai rencontré un entrepreneur qui au bout d’1 an de travail a arrêté de bosser sur son entreprise. Le lendemain, il a reçu 3 offres pour se faire recruter en tant que Directeur Marketing d’une grosse startup, président d’une entreprise d’applications mobiles et développeur dans une boîte internationale. Le plus important, plus que choisir un métier, c’est découvrir un secteur d’activité, discuter avec des professionnels du secteur, regarder les types de métiers qui vous intéressent et penser plus globalement !

 

2ème question à se poser : comment puis-je découvrir les métiers qui m’intéressent ?

Je vous propose de faire un petit tableau très simple :

Intérêts/Motivations Points forts
Que vous avez
Que vous aimeriez avoir

 

Par exemple, pour moi il y a quelques années :

Intérêts/Motivations Points forts
Que vous avez Les filles

Les sciences

La science-fiction

La musique électro

Faire des trucs stupides

Devenir président de la république

Amis géniaux et intelligents = qui m’aideront à grandir

Curieux

Que vous aimeriez avoir La géopolitique

Lancer des projets

Montrer aux profs qu’ils ont tort et que je peux très bien me débrouiller sans avoir de bonnes notes (=fuck le système)

Etre moins paresseux

Savoir gérer des trucs complexes

 

 

Pas mal de ces points ont évolué depuis mais j’avoue que je ne m’en sors pas trop mal. A part président de la république que j’ai temporisé pour quelques années (mais je garde ça en tête, regardez bien le JT de TF1 de mars 2037). Une fois que vous avez fait ce tableau, tout le challenge réside dans le fait de trouver ce qui correspond à ces intérêts et points forts.

 

3ème question : Quels métiers ou formations correspondent à tout ça ?

Plusieurs options pour ça, soit vous demandez à des gens qui savent, mais très peu savent tout malheureusement, le monde est trop complexe.

Quand on a remarqué qu’il n’y avait pas vraiment de solution pour trouver quel métier faire à partir d’intérêts, de motivations ou de points forts, on a décidé de créer notre propre outil : www.impala.in. Je vous invite à essayer. Si ça vous aide, génial, mission réussie, si ça ne vous aide pas, dites-le nous, d’autant plus qu’on peut développer ce que vous voulez, donc, si l’un de vous me dit qu’il veut une fonctionnalité, une app ou je ne sais quoi, on est motivé pour la créer pour vous ! (Gratuitement bien sûr !) Voici mon mail : hector@impala.in, n’hésitez pas à m’envoyer vos demandes, je serais ravi d’y répondre !

 

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L’éducation au Maroc – Ce qui ne va pas !

L’éducation au Maroc – Ce qui ne va pas !

L’équipe Impala a étudié le marché de l’éducation au Maroc pour comprendre les schémas et les problématiques d’une économie en développement. Nous avons analysé l’éducation marocaine et essayé d’en tirer des conclusions pertinentes. Nous souhaitons aider le gouvernement à construire l’éducation de demain. Nous remercions Bayard Turot, avocat au barreau du Paris qui a co-écrit cet article.

La reconnaissance par l’Espagne en 1956 de l’indépendance définitive du Maroc a entraîné un mouvement de fond porté par le gouvernement au pouvoir. L’école a été rendue obligatoire de 6 à 13 ans en 1963 et des écoles privées ont proliféré afin d’apporter un enseignement complémentaire aux adolescents. Les différences entre ces deux systèmes engendrèrent de fortes inégalités qui sont encore effectives aujourd’hui. Dans les années 80, le ministre de l’éducation décida de réformer le système éducatif marocain pour limiter certaines velléités allant jusqu’à supprimer complètement les sciences sociales. Cette politique dogmatique a ainsi réduit considérablement l’esprit critique dans toutes ses formes. Au lieu d’améliorer le civisme et la politisation des marocains, cette réforme a accentué le nationalisme et le protectionnisme de la population. Des spécialistes, comme Pierre Vermeren, affirment que ce repli a fortement freiné l’ouverture commerciale et démocratique du Maroc. Pour Moulay Ismaïl Alaoui, ancien ministre marocain de l’éducation, le système éducatif marocain :

« fabrique des têtes bien remplies à défaut de produire des têtes qui sont bien faites »

Faute d’impliquer la population dans les affaires de l’Etat, cette politique a créé des nationalistes aveugles. Néanmoins, avec l’apparition du numérique et des nouvelles formes d’apprentissage et avec une politique plus ouverte, l’éducation évolue et les inégalités s’effacent peu à peu. Le roi et son gouvernement tiennent toujours le pouvoir en place mais des voix s’élèvent doucement.

Le concept de démocratisation de l’éducation ne doit pas se confondre avec celui de démocratie. Alors que la démocratie renvoie particulièrement à la question des régimes politiques, la démocratisation renvoie plutôt à la mutation de l’accès à l’enseignement, notamment en luttant contre les inégalités. Les études menées par Bourdieu et Passeron ont dissocié ces deux concepts en rapprochant démocratie de l’égalité des droits et démocratisation de l’égalité de fait. De même, la démocratisation n’est pas synonyme de développement et de nombreux exemples témoignent de développement non démocratique, ou bien de démocratisation qui n’apporte pas de développement. Cependant, si les deux notions doivent être distinguées et qu’il est impossible d’établir une corrélation entre les deux, une multitude de variables, concernant notamment l’éducation, vont interagir indirectement.

La pluralité des circuits d’éducation au Maroc complique la délimitation du système éducatif. La majorité des écoles, collèges, lycées et universités dépendent du Ministère de l’Education Nationale. Les pouvoirs publics peuvent donc les gérer, les organiser, et leur attribuer des missions. Néanmoins, les organismes privés jouent un rôle à ne pas négliger, notamment dans la formation de la classe moyenne supérieure.
L’éducation représente un enjeu social important pour la population marocaine. L’école est le moyen par lequel les individus peuvent accéder au savoir et tenter d’améliorer leurs conditions sociales. La connaissance et le savoir sont un capital culturel humain susceptible d’être converti ultérieurement en capital économique. Ainsi, l’école publique et l’enseignement en général ont un rôle primordial d’ascenseur social.

Education et démocratisation ont des rôles et des influences complémentaires : la démocratisation du système éducatif l’améliore et en réduit les inégalités ; puis ce système éducatif démocratisé augmente les capacités de la population à participer réellement à la conduite de la démocratie. Toutefois, l’incohérence de certaines initiatives menées par le royaume montre les limites de la volonté politique de démocratiser le Maroc (disparition des sciences sociales, etc.). On peut donc se demander dans quelle mesure le processus de démocratisation de l’éducation marocaine amorcée au lendemain de l’indépendance est-il réellement efficace.

La démocratisation de l’éducation dans le Royaume du Maroc

Le système éducatif au Maroc est un grand chantier qui a subi de profondes mutations. Les politiques éducatives mises en place ont été influencées par plusieurs facteurs, notamment démographiques, culturels, sociaux et économiques. Après un premier mouvement qui a permis de généraliser l’éducation, la politique a tenté d’uniformiser l’éducation. La recrudescence de l’Islam a particulièrement influencé la politique éducative et a politisé l’éducation, en l’ancrant dans un enseignement nationaliste, arabe et islamique.

La généralisation de l’éducation

Le droit à l’éducation sans distinction de sexe a été établi par la première constitution marocaine et également par les grands traités relatifs aux droits de l’Homme, à la plupart desquels le Maroc a adhéré. En adoptant en septembre 2000, la Déclaration du Millénaire des Nations Unies pour le développement, qui a réitéré l’engagement d’universalisation de l’enseignement primaire, proclamée par d’autres programmes, l’Education pour tous (EPT) notamment, le pays s’est engagé à lui associer celui de promouvoir, par l’éducation, l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes d’ici à 2015.
La politique choisie dans un premier temps consistait à développer une scolarisation de masse. Ainsi, l’enseignement était, dès l’école primaire, dispensée au plus grand nombre possible d’enfants. Il s’agit de dispenser un enseignement de base permettant de sélectionner les enfants doués qui accéderont au second degré, tandis que les autres auront acquis les notions élémentaires nécessaires à la formation du citoyen. Ainsi, l’éducation a, avant tout, un caractère social (Souali & Merrouni, 1981). Cette politique a permis d’important progrès statistiques de l’éducation marocaine, en particulier du taux spécifique de scolarisation (TSS); indicateur qui montre la participation en éducation de la population de chaque âge, quel que soit le niveau d’éducation.
L’analyse de l’évolution du TSS par milieu social entre 2004 et 2012 montre que l’effort de démocratisation entamé par le Maroc a été particulièrement renforcé sur la primaire, pour la tranche d’âge 6-11 ans, où ce taux atteint 99,6 % pour l’année scolaire 2012-2013. L’accès au primaire s’est généralisé à la fois en milieu urbain et rural, pour les garçons comme pour les filles : l’indice de parité entre les sexes a atteint, en 2008/2009, 89% au primaire, 80% au secondaire collégial, 97% au secondaire qualifiant et 90% au supérieur. La généralisation de ce niveau d’enseignement a concerné, à peu près et de façon générale, tous les enfants et l’écart inter-milieux s’est réduit à 3 points en 2012. En revanche, le processus de généralisation connaît une ampleur moindre dans les niveaux supérieurs : le TSS pour la tranche d’âge 12-14 ans relative au secondaire collégial est de 85%.

L’expansion de l’éducation a nécessité la mise en place de certaines mesures. La durée des études a ainsi été ramenée de six ans à quatre ans et demi (cours préparatoires à mi-temps), en utilisant un système de classe à roulement (l’utilisation d’une classe pour plusieurs niveaux). Le rendement a baissé et les déperditions scolaires ont augmenté : le taux d’abandon scolaire représente un problème majeur, surtout en milieu rural, et reste encore très élevé par comparaison avec d’autres pays arabes, comme l’Algérie, l’Oman, l’Égypte et la Tunisie.

L’uniformisation de l’éducation

Un grand nombre de rapports publiés ces dernières années, dont celui du Conseil Supérieur de l’Enseignement en 2008, ont permis de mettre en évidence les obstacles qui réduisent le rythme du développement de l’éducation marocaine malgré de véritables efforts déployés. La pauvreté et l’enclavement constituent les principales entraves exogènes, notamment en milieu rural. La quantité et à la qualité des infrastructures en sont les autres facteurs endogènes. Cette réalité se traduit par la persistance des inégalités d’apprentissage aussi bien que celles de scolarisation qui demeurent encore très marquées, principalement pour les filles en milieu rural. En dépit des progrès significatifs qui ont été enregistrés dans l’accès des filles et des garçons à l’enseignement primaire et collégial, l’accès à l’éducation de base reste incomplet et inéquitable. Certains enfants, les plus vulnérables, particulièrement en milieu périurbain et rural, restent exclus du cycle primaire. De même, si l’enseignement collégial est quasi-généralisé en milieu urbain, dans le milieu rural, les filles n’ont pas toujours accès à l’éducation. Ainsi, les inégalités résultent de la combinaison de plusieurs types de désavantages, dont essentiellement l’isolement, la pauvreté, une offre scolaire inadaptée et l’inégalité entre les sexes.

Dans la lignée de ses engagements, le pays affiche une plus grande détermination depuis une quinzaine d’années à lutter contre les inégalités.

La politisation de l’éducation

Après avoir obtenu son indépendance, le Royaume a voulu s’affranchir de son passé colonial, dont il avait d’ailleurs hérité un certain nombre de dysfonctionnements. Le ministre Azzedine Laraki, nommé ministre de l’éducation nationale avec le soutien du parti de l’Istiqlal, interdit tous les cours de philosophie, puis ceux de sociologie. L’école de sociologie marocaine est ainsi interdite et les rares sociologues étrangers (le professeur Paul Pascon par ex) sont expulsés. Enfin, les cours d’études islamiques sont rendus obligatoires.
Toutes les matières sont alors rapidement arabisées, le français n’étant maintenu qu’en tant que langue étrangère. Or, la plupart des marocains ne parlent pas l’arabe littéraire dans la sphère privée et familiale, mais plutôt le berbère, le français ou la darija. L’arabisation de l’enseignement a ainsi créée un phénomène de diglossie dans une frange de la population. En outre, les professeurs français sont remplacés par des professeurs syriens, égyptiens ou soudanais, proches, selon Pierre Vermeren, des frères musulmans. Selon ce spécialiste de l’histoire du Maroc, la politique d’arabisation et d’islamisation menée par Azzedine Laraki auraient d’une part conduit à une véritable chute du niveau éducatif des jeunes Marocains et d’autre part encouragé sur le long terme une montée en puissance de l’Islamisme radical.

C’est seulement à la fin des années 90 que cette politisation de l’éducation est abandonnée. Le gouvernement se lance dans un vaste programme de réforme, la Charte nationale de l’éducation est adoptée en 1999 et la période 2000-2009 devient « décennie de l’éducation ». Le Maroc a ainsi réussi à améliorer l’accès au système éducatif de base avec l’aide de la Banque mondiale et d’autres organismes multilatéraux.

 

Le rôle de l’éducation dans la « démocratisation » du Royaume du Maroc

 

education classe
Le Maroc vit depuis le début des années 2000 une réforme complète de son système éducatif pour entraîner ses citoyens à développer un esprit critique et autonome. Néanmoins, l’esprit critique est indissociable de la conscience politique et d’une remise en question – au moins partielle – du système en place. Le roi et son gouvernement font donc face à un problème de taille. Comment éduquer une population sans qu’elle ne se rebelle contre son régime ? Comme nous pouvons l’observer dans l’incohérence des initiatives menées par le royaume, la réponse est loin d’être évidente. En effet, les trois étapes de la démocratisation d’un régime sont directement liées à l’éducation de sa population. Le rôle de l’éducation est de renforcer l’accès puis la compréhension à l’information afin d’en favoriser la réaction.

 

Accès à l’information

A l’instar de beaucoup de pays en voie de développement, un des problèmes majeurs du Maroc est l’accès à l’information et à l’éducation. Si aujourd’hui le taux brut de scolarisation au primaire atteint 110%, le taux d’alphabétisation des femmes reste très bas à 53%. De plus, l’accès au supérieur reste négligeable avec 22% de scolarisation en 2013.
Récemment, le Maroc a réintégré dans son curriculum les sciences humaines mais pendant 20 ans, une partie des connaissances a été occultée à la population. Les manuels sont obsolètes et ne sont pas adaptés à la situation mondialisée d’aujourd’hui. Les connaissances véhiculées par les professeurs et les livres sont incomplètes. Le niveau de lecture au Maroc est catastrophique, en 2011, seulement 31 % des enfants parmi les groupes les plus défavorisés ont atteint un standard minimum de lecture. Le décrochage scolaire au Maroc touche plus de 20% des jeunes qui n’ont par la suite pas le bagage nécessaire pour trouver et accéder à l’information.

L’enseignement est très inégalitaire comme nous l’avons expliqué plus tôt, dans les milieux sociaux élevés, on envoie ses enfants dans des structures privées. Ces structures possèdent du matériel à jour et ont accès à l’information sur l’actualité, les professeurs préparent des cours pertinents et dans l’air du temps. Ce qui n’est pas toujours le cas pour les enseignants du public. Dans le supérieur, le problème est assez similaire. Certaines familles sont trop pauvres pour subvenir aux besoins de leurs enfants et ne peuvent donc pas les envoyer à l’université, même si leur niveau scolaire le permet.
La problématique de l’accès à l’information est également présente dans la vie de tous les jours. L’Etat a créé en 1955 un ministère de l’Information et de la Communication. Ce ministère est également responsable de la propagande au sein du Royaume et il coordonne les initiatives visant à réduire l’accès à certaines informations avec le Ministère de l’Intérieur. Il est si puissant et si craint que la majorité des journalistes pratiquent l’autocensure. Régulièrement, des journaux ou des sites internet ferment sans raison à la suite d’une ordonnance du Royaume. Certains médias accusent timidement le gouvernement de corruption ou remettent en question certaines décisions liées aux Droits de l’Homme. Mais l’ordre établi par le gouvernement n’est pas ébranlé, agissant sous couvert de la religion, encore très présente dans la culture marocaine. La problématique de la liberté d’expression et celle de la transparence des services publics empêchent les marocains d’avoir les idées claires sur la situation réelle du pays et de ses activités. Certains organes ont la responsabilité d’évaluer les politiques publiques mises en œuvre par le gouvernement mais elles sont gérées directement par ce même gouvernement. La question de la neutralité de ces rapports se pose. L’éducation de la population passe par l’accès à l’information, et tant que le Royaume cachera une partie de la vérité, la situation aura beaucoup de mal à évoluer. Tout du moins, la transition démocratique ne pourra pas venir d’en haut. C’est ce qui s’est d’ailleurs passé en Tunisie avec la révolution de jasmin.

 

La compréhension des enjeux

Un des rôles fondamentaux de l’éducation est de former les esprits au monde actif, leur permettre d’en comprendre les enjeux politiques, économiques et sociaux. Néanmoins, là-encore, il y a un conflit d’intérêt entre la volonté de rester en place du gouvernement et sa volonté de conduire le pays vers une économie plus ouverte et entreprenante. Le modèle actuel de l’enseignement scolaire est calqué sur le modèle français, lui-même copié du modèle prussien, un modèle originellement mis en place pour contrôler les esprits et les rendre dociles.

La pédagogie, discipline absente de la formation des enseignants, des professeurs est basée sur des cours magistraux et un matraquage de concepts et d’informations bruts. Le plus important pour les élèves, c’est d’apprendre un maximum d’informations par cœur pour bien répondre aux évaluations et remplir le contrat. Et non pas de maîtriser les concepts. Les années 2000 ont été désignées comme la décennie de l’éducation au Maroc, c’était un moment intense de réforme. La précipitation de cette transition a malheureusement amené à des raccourcis délétères pour les élèves. Le taux de redoublement est très important et ne résout pas le problème du décrochage scolaire. L’école est obligatoire jusqu’à 15 ans, mais il n’est pas rare que les jeunes aient un travail en parallèle voire qu’ils ne viennent plus du tout à l’école.

Aujourd’hui, les familles de milieux sociaux défavorisés ont du mal à faire face seules à ces problèmes. Les parents, souvent analphabètes, ne peuvent pas aider leurs enfants et une reproduction sociale se met en place dans certaines zones rurales. De plus, la baisse du taux de natalité (7,06 en 1960 à 2,71 en 2012) et l’indépendance progressive des femmes travailleuses renforcent l’autonomie de l’enfant qui doit se débrouiller seul avec les moyens mis à sa disposition par le service public de l’éducation nationale. Or, le système éducatif est décentralisé et son financement est géré par les régions, fortement inégalitaires. Ainsi, les ressources par élève et par an dans certaines régions sont extrêmement faibles. La moyenne nationale reste également très basse à 46 000 dirhams (contre 76 000 en Tunisie). Enfin, il n’y a pas de solution mise en place pour lutter contre le décrochage scolaire, à part le redoublement qui ne fonctionne pas.

Les élèves ont besoin de se construire et de développer leur créativité pour affiner leur esprit critique et entreprenant. Faute de répondant de la part de la génération précédente, ils doivent se tourner vers leurs professeurs. Le problème principal réside dans la formation même de ses enseignants qui sortent pour la majorité de cursus de Droit Islamique, cursus très rigides et ne laissant pas de place à la créativité. La religion leur est inculquée comme un fait avéré. Or, cette manière d’apprendre est répliquée dans l’ensemble des autres domaines. L’éducation nationale ne met pas en place de formation permanente pour informer les enseignants des nouveautés pédagogiques ou des changements de programme. Les manuels vétustes encore utilisés font office de programme. Au ministère, ils ont conscience des problèmes mais sont dans l’incapacité d’y répondre faute de temps et d’argent. Là encore, l’éducation est un frein à la démocratisation et à la mise en place d’une culture de la remise en question. Tant que ce moteur est en panne, les marocains ne peuvent pas appréhender de façon pertinente les enjeux sociaux et économiques qui régissent le royaume.

marocain etudes

La culture de la réaction

Une réaction se divise en deux sous-ensembles, la volonté et la possibilité d’agir. Récemment, le processus de démocratisation dans les pays arabes voisins est passé par la révolution, en Tunisie par exemple où les protestations sont venues en réaction à la dictature en place. Il y avait une volonté d’intervention de la part de la population dans la gouvernance du pays, mais le gouvernement censurait et interrompait toutes les initiatives citoyennes allant dans ce sens. Afin de réagir efficacement contre la présidence de Ben Ali, ils ont du se soulever pour reprendre le contrôle. Au Maroc, la situation est différente car cette volonté d’action et de réaction n’est pas omniprésente comme elle l’était en Tunisie. Et aujourd’hui, l’éducation n’est pas calibrée pour instiguer cette volonté dans les mœurs, au grand dam de la CGEM, le syndicat patronal marocain.

Le système marocain du supérieur comprend aujourd’hui à peine plus d’une vingtaine d’université et le niveau est très bas. En 1991, un syndicat des diplômés chômeurs a été créé pour protester contre la décorrélation des compétences requises en entreprises de celles étudiées dans le supérieur. Depuis ce mouvement a pris de l’importance. En effet, l’apprentissage est archaïque dans la grande majorité des formations du supérieur et une bonne partie des esprits brillants marocains quittent le pays et viennent en Europe pour y suivre les meilleurs cursus. Certains reviennent au Maroc mais beaucoup préfèrent rester dans leur pays d’accueil ou trouvent du travail ailleurs. On assiste donc à une fuite des cerveaux du Maroc, une fuite des profils ayant aiguisés leurs esprits critiques et capables de discerner les véritables problèmes marocains.

Le niveau des universités n’est pas le seul problème, il y a effectivement souvent un désaveu de l’élite envers le monde politique marocain. Ils connaissent les enjeux, les risques et les problèmes qu’ils encourent s’ils se confrontent au pouvoir public. La corruption, la bureaucratie et le musèlement des voix dissidentes sont des freins à la « réaction » des élites et à leur présence dans la sphère politico-économique marocaine.

Enfin, le patriotisme marocain est une question extrêmement importante dans cette équation. Le patriotisme marocain est incarné par son Roi, il exprime l’unité et la continuité de la nation. Il y a traditionnellement une grande fierté à être marocain, renforcée par la politique des années 1980. Moins les populations sont éduquées, plus elles sont nationalistes avec des réflexes protectionnistes. C’est une situation qui se répète beaucoup en Europe et aux Etats-Unis (avec Donald Trump) aujourd’hui. Or, pour les élites marocaines, pour qui le Maroc n’est pas incarné par son roi, le patriotisme est moins fort que la peur des risques potentiels de l’engagement politique.

L’éducation évolue beaucoup au Maroc depuis quelques années, les inégalités sociales et économiques se réduisent, la population s’instruit mais le manque de budget et les politiques appliquées par le gouvernement en place semblent aller à l’encontre d’une progression réelle dans ce secteur. A la suite des révolutions arabes, le Roi a mis en place une série de mesure afin d’assouplir certaines lois et tuer dans l’œuf d’éventuelles revendications. L’éducation est un enjeu majeur pour l’avenir économique et politique du Maroc sur la scène internationale et méditerranéenne, cependant, le gouvernement a conscience du danger qu’elle représente pour sa pérennité et semble réticent à engager des réformes structurelles. Si le changement ne peut venir du pouvoir en place, d’où peut-il venir ?

Country Manager Maghreb @Impala

 

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Une nouvelle vision de l’orientation

Une nouvelle vision de l’orientation

Avec Impala, on a beaucoup réfléchi au meilleur moyen d’aider les jeunes dans leur orientation. On est parti dans diverses directions, on a pivoté, on a testé des solutions, on a fait des erreurs, et puis on a compris quelque chose. Si on veut être efficace, si on veut aider les jeunes à faire les bons choix, il faut prendre le problème à sa source.

On peut le localiser à deux endroits distincts. Le premier endroit, c’est, par définition, le système scolaire actuel qui ne nous entraîne pas du tout à réfléchir à ce type de questions, voire qui y répond à notre place, en fonction de nos bulletins scolaires ou de notre milieu social. Le second, celui sur lequel on s’est penché, c’est la transparence du marché de la formation et de l’emploi.

Aujourd’hui, il y a plein d’opportunités, de formations, de métiers, mais qui peut se targuer de connaître les meilleures options à court et long terme, l’option qui lui plaira à court terme et qui lui permettra de s’épanouir plus tard ? Je ne dis pas que c’est anormal de ne pas tout connaître, certes, mais est-ce normal de ne pas savoir ce qui nous fait vibrer, de ne pas se connaître soi-même ? N’y aurait-il pas un moyen de découvrir, d’explorer et d’emprunter les voies qui nous passionnent ?

Et si c’était possible de construire son projet, de développer une vraie compréhension du monde qui nous entoure et des opportunités qui s’offrent à nous ?

C’est justement notre vision : nous croyons qu’à force de volonté et d’ouverture d’esprit, n’importe qui peut trouver une voie qui le passionne et qui lui permet de bien gagner sa vie. C’est le pari qu’on fait avec Impala, cartographier l’offre et la demande du marché de l’emploi et permettre aux jeunes de s’y projeter.

Cette cartographie, on n’est pas les seuls à se focaliser dessus, loin de là, c’est une véritable poule aux œufs d’or. Les acteurs privés et publics ont conscience de sa valeur, ils sont prêts à investir et à s’engager financièrement et temporellement dedans. Ça parait logique d’ailleurs, cartographier le marché de l’emploi, c’est comprendre son comportement. Comment mieux interagir avec lui qu’en le comprenant ?

Plus facile à dire qu’à faire c’est sûr, Linkedin et Viadeo auraient essayé en vain, le gouvernement et les régions seraient en train de référencer les tendances du marché de l’emploi, les universités seraient en train de construire des référentiels de compétences et les grands cabinets de conseil des cartographies du savoir-être.

On aurait pu abandonner et se dire que c’était à Google, à EY, à un ministère ou à l’ONU de s’occuper de ce problème. Mais on a notre propre vision et on veut la propager.

LES SYNERGIES ENTRE LES ACTEURS

Avant de se focaliser sur cette cartographie providentielle, on a regardé à droite et à gauche, on a observé ce qui se faisait autour de nous, et on a découvert que beaucoup de données étaient accessibles, à force de partenariats, associations, et en les analysants de façon pertinente. C’est d’ailleurs fou que toutes ces entités ne collaborent pas déjà ensemble.

LA COMPREHENSION DES MOTIVATIONS DES JEUNES

Le second problème, c’est l’absence de certaines données. Nous ne connaissons pas les motivations des jeunes, leurs biais de décision, leurs préjugés ou leurs contraintes sociales. Nous ne mesurons pas leur manque de confiance en eux, nous n’essayons pas de leur montrer que tout – ou presque – est possible. Nous serons incapables de faire de bonnes cartographies du futur marché de l’emploi si nous n’essayons pas de comprendre les motivations de la nouvelle génération. Aujourd’hui, au lieu de prendre les jeunes comme ils sont, nous essayons de les changer, de les casser pour ne pas avoir à les comprendre. « C’est trop complexe, c’est impossible de satisfaire tout le monde ». C’est une belle connerie, nous ne pouvons pas savoir si nous n’essayons pas. Ne nous acharnons pas à leur mettre des œillères en utilisant des phrases destructrices comme :

  • « il n’a pas les capacités » ce qui signifie « j’ai été incapable de les déceler »
  • « il est hyperactif » ce qui signifie « il est incapable d’écouter un cours chiant 8h d’affilée, droguons-le ! »
  • « il va rater sa vie » ce qui signifie « j’ai la flemme de m’en occuper, partons du constat que c’est un idiot et qu’il n’y a rien à faire »
  • « tu seras ingénieur mon fils. » ce qui signifie « je n’en ai rien à faire que tu aies un rêve, tu feras ce que je te dis, tu es trop jeune pour réfléchir »

Ecoutons les jeunes nous dire ce qu’ils veulent, arrêtons de les frustrer et de les empêcher de réaliser leurs rêves. Au lieu de construire une génération de frustrés, de burn-out, de bore-out ou de je-ne-sais-quoi, choisissons de les laisser saisir les opportunités qui s’offrent à eux. De toute façon, ils le feront alors soutenons et aidons-les !

Notre ambition, vous l’avez sans doute compris, avec Impala, c’est de pousser les jeunes à suivre leurs rêves, car de leurs envies naîtront des besoins, et donc des emplois et non le contraire. Et c’est en analysant leurs véritables motivations que nous pourrons cartographier ce futur marché de l’emploi et les aider aux mieux.

Qu’est-ce que je veux faire de ma vie?

Qu’est-ce que je veux faire de ma vie?

Je ne suis pas seul à avoir posé cette question à Google

Quand on me pose la question “Que veux-tu faire plus tard?”, je ne sais jamais quoi répondre.

Ou alors je dis un truc dont je suis moyennement convaincu (“Là je m’oriente vers l’entrepreneuriat…”), ou alors je récite une réponse déjà toute faite, du style “Je sais pas trop encore, j’essaie de gagner le plus d’expériences possibles, et après on verra en fonction des opportunités…”, ce qui en soit est juste une autre façon de dire : “J’en sais rien…”.

En même temps, c’est quoi cette question pourrie… C’est quand, plus tard ? C’est 1 mois, 10 ans, jusqu’à la fin de ma vie ? Et est-ce que je dois répondre un seul truc ? J’ai pas le droit de faire plusieurs choses à la fois, ou changer si ça me plaît pas ? Je suis obligé de choisir maintenant ?

Bref, aussi innocente soit-elle, cette question m’agace, m’angoisse et me stresse.

Le problème

C’est très simple, nous partons du constat suivant : trouver sa voie dans la vie est (très) difficile, et les solutions actuelles d’orientation ne fonctionnent pas. Rappelez-vous vos années de lycée : êtes-vous déjà sorti de chez un conseiller d’orientation avec des étoiles pleins les yeux ? Avez-vous déjà été inspiré par les brochures de l’ONISEP ?

Pourquoi ? Les raisons sont nombreuses, et le problème complexe. Je m’aventure dans un domaine dans lequel je ne suis pas encore expert, mais je pense que mon approche est cohérente et peut avoir un vrai impact.

Aujourd’hui, nous assistons à des bouleversements majeurs dans toutes les grosses institutions, et l’Éducation n’est pas une exception.

La démocratisation de la connaissance

Avant, l’accès à l’éducation était réservé à l’élite. Faute de locaux, de bouquins, de profs. Comment répartir l’accès à ces connaissances ? Comment décider qui a le droit à quoi ? En France, on s’en est plutôt bien sortis. L’éducation est gratuite, et le système beaucoup plus méritocratique que celui de nos amis anglais ou américains. Mais avec l’arrivée des MOOCs (éducation en ligne), des nouvelles manières de partager le savoir (eg l’École 42), de la dématérialisation des infrastructures et donc de la démocratisation de la connaissance, les institutions existantes sont vouées à évoluer.

La carrière doit être pensée de façon horizontale

Hier, éducation et carrière étaient pensées de manière très verticale. Pour accéder à tel niveau de vie, il fallait obtenir tel poste, après tel nombre d’années dans telle boîte. Le chemin était déjà tracé, et il fallait le suivre.En France par exemple, c’est le parcours on ne peut plus classique : Collège>Lycée option S>Classe Prépa>Grande École>Stage dans une grosse boîte>CDI dans cette même boîte>Gravissement des échelons de la boîte>Poste de placard en fin de carrière>Retraite.

La multiplication des opportunités

Finalement, les opportunités n’étaient pas si nombreuses, et les manières créatives de les provoquer encore moins. Tout était gouverné par des règles floues et politiques. Les passerelles étaient rares, et les changements de carrière peu communs, ou alors trop peu osés. Normal, le risque était trop grand.

Aujourd’hui, tout est possible.

Avec l’accès à l’information, on peut potentiellement tout faire. Les opportunités sont vraiment partout. Les passerelles sont en train de se multiplier. La transdisciplinarité est presque devenue normalité. Et le nombre de success stories de self made men et women ne fait que croître tous les jours.

L’idiome “The world is your oyster” (“Le monde vous appartient”) n’a jamais eu autant de sens qu’aujourd’hui…

D’ailleurs, c’en est même devenu un problème (néologisme “Infobésité”): trop de métiers , trop de formations, trop de choix possibles. Le challenge n’est plus l’accès à l’information, mais l’accès à la bonne information. Tout le monde est capable de faire des recherches sur Google. Mais quand on ne sait pas quoi chercher ? Oui, tout de suite ça devient plus compliqué…

Le maître mot, la solution, la clé, et là où repose tout mon raisonnement, c’est l’inspiration.

Ça peut paraître simple, mais après réflexion, tout nous mène à ça. Car la question “Qu’est ce que je vais faire de ma vie ?” m’a tellement travaillé, préoccupé, et alimenté mes conversations, que j’en suis presque devenu expert ! Et toutes mes réflexions aboutissent à ce constat : pour avancer, on a besoin d’être inspiré.

L’inspiration, source de nos motivations

Sans inspiration, difficile de trouver la motivation. Sans motivation, difficile de faire le bon choix.

Tous nos choix de vie, on les fait parce qu’on a été inspiré. Par une phrase, par un livre, par un film, par une personne… Une amie m’a dit une fois :

“Ce qui te rend unique, c’est que tu es la somme de toutes les personnes que tu as rencontrées. Chaque petit bout de ta personnalité a été emprunté à quelqu’un.Certains ont compté plus que d’autres, et ce sont eux qui te font avancer…

Ce sont nos héros personnels, nos “role models”, nos mentors qui, parce qu’ils nous ont inspirés d’une manière ou d’une autre, nous font avancer dans la vie. Lorsque l’on ne sait pas où aller, on va commencer par suivre le chemin de nos héros.

Appliquons cette logique à l’orientation professionnelle.

i.e. répondre à cette torture de question “Que veux-tu faire plus tard ?”

Répondre à cette question demande un vrai travail d’introspection et de recherche. Je dois d’abord me connaître — easy ! — pour ensuite connaître les opportunités qui me conviennent. Voilà la logique actuelle de l’orientation. Alors pour ça, on va vous faire passer des tests de personnalité aussi longs qu’inefficaces. Avec des questions du style “Aimez-vous bricoler les tuyaux des toilettes de chez vous ?” ou alors “Le samedi soir, préférez-vous faire la fête avec des amis ou alors rester tout seul à la maison ?”. Le résultat du test de personnalité ? Une longue liste de métiers possibles, de Boucher à Président de la République, en passant par Peintre et Culturiste. Super. Et puis on va vous distribuer tout plein de brochures et vous “rediriger vers des ressources appropriées”. À la fin du processus, on est toujours autant dans le flou.

J’ai appris que je pouvais faire plein de choses plus tard, mais ça ne m’avance pas trop. Et en plus j’ai mal au crâne…

Mauvaise approche.

En fait, ce que je propose, et c’est là où entre en jeu l’inspiration, c’est de ne plus se demander “ce que je veux faire plus tard”, mais QUI je veux être plus tard”. Car au final ce n’est pas le métier qui nous intéresse, mais c’est la personne qui l’exerce, son train de vie, les gens qu’elle rencontre au quotidien, son milieu social, etc…

Chercher un métier ou une formation a peu de sens. Ce qui a du sens, par contre, c’est chercher LA personne derrière, qui nous inspire par son parcours et par ce qu’elle est devenue aujourd’hui.

En fait c’est un processus complètement naturel. On est inspiré par quelqu’un parce qu’on s’identifie à lui/elle, et on arrive grâce à lui/elle à se projeter. Du coup, on aimerait lui ressembler, et on va, pour cette raison, faire des choix similaires pour suivre leurs pas. En tout cas, les premiers pas : une fois la machine mise en route, l’expérience nous guidera.

Aujourd’hui je ne sais pas ce que je ferai plus tard, mais je sais par qui je suis inspiré, et à qui j’ai envie de ressembler : Elon Musk, Guillaume Decugis, Brandon Stanton, le Dalai Lama, mon ami Anthony… La liste est longue. Finalement la voie que je choisis est celle qui me rapproche le plus d’eux — de leur histoire, de leur parcours, de leur vision du monde — car je veux devenir chacun d’eux. Et pour y arriver, je construis mon chemin, brique par brique, en le comparant au leur.

Nos choix d’orientation ont toujours été influencés par notre entourage immédiat : c’est par nos amis, nos parents, nos proches que nous avons fait nos choix.

Le problème, c’est que ça fait peu de personnes. Surtout quand on est au lycée. Néanmoins, nous vivons dans une ère fantastique, où la connaissance du monde entier est à notre disposition.

C’en est de même pour les personnes : il est très facile d’avoir accès aux profils des gens, à leur parcours et surtout, à leur histoire. Toutes les informations sont déjà disponibles. Il suffit juste de relier les bons bouts. Mon ambition est la suivante : je veux aider les gens à créer leur voie en leur trouvant leurinspiration personnalisée, leur héros caché, LA personne qui leur fera dire“Wow ! Mais ce mec là, c’est moi dans 10 ans ! ”.

Ce qui est juste incroyable, c’est que cette personne pourrait aussi bien être à l’autre bout du monde que dans l’immeuble d’en face ! Le monde regorge de profils intéressants, de gens passionnants, d’individus inspirants !

J’ai déjà une idée précise de la solution. D’ailleurs, avec quelques copains, on a commencé à mettre les mains dans le cambouis. Je n’en parle pas volontairement car elle est vouée à évoluer, et ce que j’ai présenté n’est qu’une manière de matérialiser l’inspiration… Mais je suis convaincu de cette vision de l’orientation via l’inspiration.

Et je suis persuadé que ça suffit.

Je suis persuadé que l’étincelle de l’inspiration est suffisante pour permettre à quiconque de s’orienter, de faire ce premier pas qui est, de loin le plus difficile.Inspirer quelqu’un, c’est le faire rêver, c’est lui montrer le ciel. Et une fois que j’aurai réussi à lui mettre des étoiles dans les yeux, j’aurai gagné. Le reste suivra.

J’en suis tellement persuadé, de cette vision de l’orientation via l’inspiration, que je travaille désormais à plein temps dessus avec Impala. Alors, si vous aussi, vous vous êtes retrouvé dans mon article, n’hésitez pas à me contacter. Pour les autres, j’attends vos commentaires avec impatience!